| L’ampleur persistante de l’économie informelle pèse sur le marché du travail mondial |
L’économie informelle continue de représenter un enjeu
majeur pour le marché du travail à l’échelle internationale. Selon le directeur
général de l’Organisation internationale du travail (OIT), Gilbert Houngbo,
environ 2,1 milliards de personnes exercent actuellement une activité
professionnelle en dehors des cadres formels, ce qui rend leur intégration dans
l’économie structurée particulièrement complexe.
S’exprimant devant la presse, le responsable de l’OIT
a décrit une situation marquée par des difficultés persistantes, estimant que
l’étendue de l’économie informelle freine la mise en place de politiques de
l’emploi à la fois inclusives et durables. Cette réalité limite l’accès à la
protection sociale, à des conditions de travail réglementées et à des
perspectives professionnelles stables pour une part importante de la population
active mondiale.
Le chômage des jeunes constitue un autre motif de
préoccupation. Les données présentées indiquent qu’environ 20 % des jeunes dans
le monde ne sont ni en emploi, ni en formation, ni scolarisés. Cette proportion
varie sensiblement selon le genre, atteignant 28 % chez les jeunes femmes,
contre 18 % chez les jeunes hommes, ce qui met en évidence des inégalités
persistantes sur le marché du travail.
Afin d’analyser plus finement ces dynamiques, l’OIT
utilise depuis plusieurs années l’indicateur du « déficit mondial d’emplois ».
Cet outil dépasse la mesure traditionnelle du chômage en prenant également en
compte les personnes qui souhaitent travailler mais qui ont renoncé à toute
recherche active en raison du manque d’opportunités. Sur cette base, près de
400 millions de personnes à travers le monde aspireraient à un emploi sans
parvenir à en trouver un correspondant à leurs attentes ou à leurs compétences,
certaines s’étant complètement retirées du marché du travail.
Gilbert Houngbo a par ailleurs souligné la situation
des « travailleurs pauvres ». Environ 240 millions de personnes occupent un
emploi tout en percevant des revenus insuffisants pour satisfaire leurs besoins
essentiels. Cette réalité met en lumière les enjeux liés non seulement au
volume d’emplois disponibles, mais aussi à leur qualité et à leur capacité à
garantir des conditions de vie décentes.
Dans ce contexte, le directeur général de l’OIT a indiqué que le taux de chômage mondial demeure relativement stable, autour de 4,9 %. Il a également relevé que le marché du travail international a fait preuve, au cours des deux dernières années, d’une résilience plus forte que prévu, avec des signes de reprise progressive observés dans certains secteurs.