Les onze années les plus chaudes de 2015 à 2025 soulignent un déséquilibre climatique inédit

Les onze années les plus chaudes de 2015 à 2025 soulignent un déséquilibre climatique inédit


La période 2015-2025 correspond aux onze années les plus chaudes jamais enregistrées, indique l’Organisation météorologique mondiale dans son rapport annuel publié lundi à l’occasion de la Journée météorologique mondiale. L’OMM alerte sur un déséquilibre inédit du système climatique de la Terre, lié à l’augmentation continue des concentrations de gaz à effet de serre, qui provoquent un réchauffement durable de l’atmosphère et des océans ainsi que la fonte des glaces.

En 2025, la température moyenne mondiale se situe à environ 1,43 °C au-dessus des niveaux préindustriels, plaçant l’année parmi les plus chaudes jamais mesurées. Pour la première fois, le rapport souligne le déséquilibre énergétique de la Terre comme indicateur clé, mesurant l’écart entre l’énergie reçue du Soleil et celle renvoyée dans l’espace. Depuis les années 1960, ce déséquilibre s’accentue et atteint un niveau record en 2025.

L’excédent d’énergie s’accumule principalement dans les océans, qui absorbent plus de 91 % de cet excédent. Depuis vingt ans, les océans captent chaque année une quantité d’énergie équivalente à environ 18 fois la consommation énergétique mondiale. Ce rôle de régulateur thermique s’accompagne d’un réchauffement accéléré et d’une acidification croissante des eaux. Le contenu thermique des océans a atteint un nouveau record en 2025, avec un rythme de réchauffement plus que doublé depuis 2005.

La fonte des glaces se poursuit à un rythme soutenu. Les calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique perdent massivement de la matière, tandis que l’étendue de la glace de mer reste proche de ses plus bas historiques, notamment en Arctique. Des épisodes de fonte exceptionnels ont été observés en 2025 en Islande et sur la côte pacifique de l’Amérique du Nord, contribuant à l’élévation du niveau moyen des mers, dont l’accélération est suivie depuis 1993 grâce aux mesures satellitaires.

Sur les continents, l’excédent d’énergie entraîne une intensification des phénomènes météorologiques extrêmes. En 2025, vagues de chaleur, sécheresses, incendies, tempêtes et inondations ont causé des milliers de morts, affecté des millions de personnes et entraîné des pertes économiques de plusieurs milliards de dollars. Le rapport souligne également les effets en cascade sur la sécurité alimentaire, les déplacements de populations et la santé, notamment la propagation de maladies comme la dengue et l’augmentation des risques liés au stress thermique.

Face à ces constats, les Nations unies appellent à une action urgente. Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, déclare : « L’humanité vient de connaître les 11 années les plus chaudes jamais enregistrées. Quand l’histoire se répète 11 fois, ce n’est plus une coïncidence. C’est un appel à l’action ». De son côté, la secrétaire générale de l’OMM, Celeste Saulo, précise : « Les activités humaines perturbent de plus en plus l’équilibre naturel, et nous devrons vivre avec ces conséquences pendant des centaines, voire des milliers d’années ».

Le rapport s’appuie sur les contributions de nombreux services météorologiques et experts internationaux et se veut un outil d’aide à la décision pour répondre à l’urgence climatique.

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