| L’inflation repart à la hausse en Allemagne et en Espagne sous l’effet des tensions énergétiques |
L’inflation a de nouveau accéléré en avril en
Allemagne et en Espagne, portée par la hausse des coûts de l’énergie dans un
contexte de tensions géopolitiques persistantes. Cette évolution maintient les
prix au-dessus de l’objectif de 2 % fixé par la Banque centrale européenne.
En Allemagne, les prix à la consommation ont progressé
de 2,9 % en avril sur un an, selon les premières estimations de l’Office
fédéral de la statistique. Il s’agit du niveau le plus élevé enregistré dans le
pays depuis janvier 2024. Sur un mois, l’indice harmonisé au niveau européen a
augmenté de 0,5 %, après une hausse plus marquée de 1,2 % en mars.
Cette progression s’explique principalement par le
renchérissement de l’énergie, dont les prix ont augmenté de plus de 10 % sur un
an. Cette hausse est liée aux perturbations des marchés mondiaux provoquées par
le conflit au Moyen-Orient et par les tensions consécutives à la fermeture du
détroit d’Ormuz.
Par ailleurs, les données nationales indiquent une
légère accélération de l’inflation alimentaire, qui atteint 1,2 %, contre 0,9 %
précédemment. En parallèle, l’inflation des services ralentit à 2,8 %, après
3,2 %. L’inflation sous-jacente, qui exclut l’énergie et l’alimentation, recule
à 2,3 %, soit son niveau le plus bas depuis juin 2021.
En Espagne, l’inflation annuelle harmonisée atteint
3,5 % en avril, contre 3,4 % le mois précédent, selon l’Institut national de la
statistique. Ce niveau constitue un plus haut depuis juin 2024. Sur un mois,
les prix augmentent de 0,7 %, après une hausse de 1,7 % en mars.
Face à la hausse des prix de l’énergie, le
gouvernement espagnol a adopté fin mars un ensemble de 80 mesures, incluant
notamment une baisse de la TVA sur les carburants. Les données nationales
montrent un recul des prix de l’électricité, en partie lié à ces mesures. En
revanche, les prix des carburants et des lubrifiants pour véhicules continuent
de progresser.
La publication de ces données intervient dans un
contexte d’inquiétude croissante concernant l’impact durable de la crise au
Moyen-Orient sur l’inflation en zone euro. Cette situation pourrait conduire la
Banque centrale européenne à ajuster sa politique monétaire en relevant ses
taux d’intérêt.
La prochaine décision de politique monétaire doit être annoncée jeudi à Francfort. Les chiffres de l’inflation pour la France et l’Italie seront publiés le même jour, en même temps qu’une estimation pour l’ensemble de la zone euro, attendue autour de 3 %, soit un niveau supérieur à l’objectif de la BCE et inédit depuis 2023.