| Colombie : Abelardo de la Espriella remporte la présidentielle dans un scrutin très serré |
La
Colombie ouvre une nouvelle période politique après la victoire d’Abelardo de
la Espriella à l’élection présidentielle. Le Conseil national électoral (CNE) a
officiellement confirmé mercredi les résultats définitifs du scrutin, marqué
par une forte participation et un écart réduit entre les deux principaux
candidats.
Le
candidat de droite dure, âgé de 47 ans, avocat et homme d’affaires, a obtenu 12
960 166 voix. Son adversaire, le sénateur de gauche et défenseur des droits humains
Iván Cepeda, a recueilli 12 708 312 suffrages. Quelques heures avant l’annonce
officielle des résultats, Iván Cepeda avait reconnu sa défaite et appelé au
calme.
« J’ai
décidé d’accepter le résultat issu de ce processus », a déclaré le candidat
battu, en appelant au respect du dialogue et de la stabilité nationale. Cette
déclaration est intervenue après plusieurs jours de tensions marqués par des
manifestations et des affrontements entre certains groupes de militants et les
forces de l’ordre dans plusieurs grandes villes, notamment Bogotá et Cali.
La
campagne électorale s’est déroulée dans un climat de fortes divisions
politiques. Le président sortant, Gustavo Petro, premier dirigeant de gauche de
l’histoire colombienne, avait mis en cause le déroulement du scrutin en
évoquant des irrégularités et une possible influence extérieure. Les autorités
électorales ont toutefois affirmé que le décompte final correspondait presque
entièrement aux résultats provisoires. La mission d’observation de l’Union
européenne n’a pas relevé d’anomalies majeures.
L’arrivée
au pouvoir d’Abelardo de la Espriella confirme la progression des courants
conservateurs dans plusieurs pays d’Amérique latine. Le président élu a annoncé
un changement d’orientation sur les questions de sécurité et de lutte contre le
trafic de drogue, avec notamment un renforcement des opérations contre les
cultures de coca, une coopération militaire accrue avec les États-Unis et un
rapprochement diplomatique avec Israël.
La mise en œuvre de ce programme dépendra toutefois de la situation au Congrès. La gauche conserve une influence importante au Parlement, ce qui obligera le nouveau président à négocier des alliances politiques pour faire adopter ses principales réformes.