| Coupe du monde 2026 : l'Espagne au sommet d'un Mondial élargi marqué par des records, des révélations et plusieurs polémiques |
La Coupe du monde 2026, première édition disputée à 48 équipes, s'est achevée par le sacre de l'Espagne au terme d'un tournoi inédit qui a globalement tenu ses promesses. L'élargissement du nombre de participants a entraîné une hausse du nombre de rencontres et de buts inscrits, sans bouleverser la hiérarchie mondiale.
La phase de groupes a
enregistré un total de 215 buts en 72 matches, contre 120 réalisations en 48
rencontres lors du Mondial 2022 au Qatar. La moyenne est ainsi passée de 2,5 à
2,99 buts par match. Si ce nouveau format a offert davantage de spectacles offensifs,
il n'a pas été marqué par de nombreuses surprises. Le principal résultat
inattendu de la phase initiale reste le match nul (0-0) obtenu par le Cap-Vert
face à une sélection espagnole encore en rodage.
L'Argentine a animé la
phase à élimination directe grâce à plusieurs renversements de situation
spectaculaires. L'Albiceleste s'est imposée dans les derniers instants face au
Cap-Vert, à l'Égypte puis à la Suisse, avant de s'incliner en finale contre l'Espagne.
La Roja a réalisé un
parcours presque parfait. En huit rencontres, les Espagnols n'ont encaissé
qu'un seul but. Ils ont successivement éliminé le Portugal, la Belgique et la
France avant de dominer l'Argentine en finale. Ce deuxième titre mondial
s'accompagne d'une série de 38 matches consécutifs sans défaite.
Cette édition a également
révélé deux nouvelles nations capables de rivaliser avec les meilleures
sélections. La Norvège a impressionné grâce aux performances d'Erling Haaland.
Après des victoires contre le Sénégal, la Côte d'Ivoire et le Brésil, les Scandinaves
ont finalement été éliminés en quart de finale par l'Angleterre après
prolongation (2-1). La Suisse a, de son côté, atteint pour la première fois les
quarts de finale d'une Coupe du monde après avoir éliminé l'Algérie puis la
Colombie, avant de céder face à l'Argentine (3-1 après prolongation), malgré
l'expulsion de Breel Embolo.
Parmi les grandes
déceptions figurent le Brésil, éliminé dès les huitièmes de finale et toujours
privé de sacre depuis 2002, ainsi que le Portugal, battu par l'Espagne malgré
la présence de Cristiano Ronaldo. La France, demi-finaliste, a également quitté
la compétition avec des regrets après avoir été dominée par une équipe
espagnole plus collective.
Les sélections africaines
ont, dans l'ensemble, réalisé un tournoi encourageant. Le Maroc est devenu la
première nation africaine à atteindre deux quarts de finale consécutifs en
Coupe du monde. L'Égypte a poussé l'Argentine dans ses retranchements, tandis
que le Cap-Vert est resté la seule équipe invaincue face au futur champion
espagnol. En revanche, le Sénégal n'a pas répondu aux attentes.
Considérée comme l'une
des favorites avec l'Espagne, la France a réalisé un début de tournoi
convaincant. Placés dans un groupe relevé avec le Sénégal, la Norvège et
l'Irak, les Bleus ont remporté leurs trois rencontres. Ils ont commencé par une
victoire 3-1 contre le Sénégal grâce notamment à un doublé de Kylian Mbappé,
avant de battre l'Irak (3-0) dans un match interrompu pendant près de deux
heures en raison d'orages. Une troisième victoire contre une Norvège remaniée
leur a permis de terminer premiers du groupe avec neuf points.
La France a ensuite
éliminé la Suède lors des seizièmes de finale, avant de venir à bout du
Paraguay (1-0) au terme d'une rencontre particulièrement engagée. En quart de
finale, les Bleus ont retrouvé le Maroc et se sont imposés 2-0, décrochant une
troisième qualification consécutive pour le dernier carré.
Le parcours français
s'est toutefois arrêté en demi-finale face à l'Espagne. Battus 2-0 à Dallas le
14 juillet, les hommes de Didier Deschamps ont ensuite perdu le match pour la
troisième place contre l'Angleterre (6-4), après avoir été menés 4-0 à la mi-temps.
La France termine ainsi quatrième de la compétition, un résultat inférieur à
celui des deux précédentes éditions, conclues par un titre mondial en 2018 puis
une finale en 2022. Cette rencontre marque également la fin des quatorze années
de Didier Deschamps à la tête de la sélection nationale.
Sur le plan individuel,
les plus grandes stars ont confirmé leur statut. Pour son sixième et
probablement dernier Mondial, Lionel Messi a inscrit huit buts, dont un triplé
lors du premier match contre l'Algérie, avant de rester muet en finale. Kylian
Mbappé est devenu le meilleur buteur de l'histoire de la Coupe du monde avec 22
réalisations au total, dont dix durant cette édition.
La finale disputée au
MetLife Stadium est devenue la plus chère de l'histoire de la compétition. Les
billets officiels étaient proposés entre 800 et 11 000 dollars selon les
catégories, tandis que les prix sur le marché secondaire ont atteint jusqu'à
deux millions de dollars. Certaines places se sont revendues près de 33 000
dollars. La FIFA a justifié cette politique tarifaire par la forte demande,
mais ces prix ont largement limité l'accès des supporters les plus modestes.
Le tournoi a également
été marqué par plusieurs controverses liées aux conditions d'entrée sur le
territoire américain. Des cautions pouvant atteindre 15 000 dollars ont été
demandées aux détenteurs de billets originaires de plusieurs pays d'Afrique,
d'Asie et d'Amérique centrale. Les ressortissants d'Haïti, d'Iran, de Côte
d'Ivoire et du Sénégal ont en outre été soumis à une interdiction d'entrée,
sauf en cas de double nationalité.
Certaines personnalités
directement impliquées dans la compétition ont aussi été concernées. L'arbitre
somalien Omar Abdulkadir Artan s'est vu refuser l'accès au territoire américain
à son arrivée à Miami, tandis que l'attaquant irakien Aymen Hussein a été
soumis à un interrogatoire de plusieurs heures.
L'arbitrage a également
suscité des débats après le cas de l'attaquant américain Folarin Balogun.
Expulsé en huitième de finale, il devait être suspendu pour la rencontre
suivante. La commission disciplinaire de la FIFA a finalement transformé cette
sanction en suspension avec sursis, une décision exceptionnelle intervenue
après une demande de réexamen adressée par le président américain Donald Trump
au président de la FIFA, Gianni Infantino.
La compétition a enfin
été marquée par plusieurs déclarations à caractère raciste visant Kylian
Mbappé. La sénatrice paraguayenne Celeste Amarilla a tenu des propos insultants
et discriminatoires à son encontre. L'ancien Premier ministre espagnol Mariano
Rajoy a également provoqué une vive polémique en affirmant que la France
possédait « un effectif de très haut niveau », mais « sans Français ».
Cette Coupe du monde 2026 marque enfin la fin d'une génération de grands joueurs sur la scène internationale. Cristiano Ronaldo, Neymar, Luka Modrić, Edin Džeko, Guillermo Ochoa et Riyad Mahrez ont annoncé leur retraite internationale. Lionel Messi quitte lui aussi la Coupe du monde avec un héritage exceptionnel, marqué par trois finales disputées et 21 buts inscrits au cours de sa carrière dans la compétition.