| L’Espagne prépare une régularisation exceptionnelle de migrants en situation irrégulière |
Le gouvernement espagnol a annoncé son intention de lancer un dispositif exceptionnel de régularisation destiné aux personnes en situation administrative irrégulière vivant sur le territoire national. Selon les estimations de l’exécutif, cette mesure pourrait concerner près de 500 000 migrants.
L’annonce a été faite mardi par Elma Saiz, ministre de
la Sécurité sociale et des Migrations et porte-parole du gouvernement, lors
d’une intervention sur la télévision publique espagnole. Le programme envisagé
s’adressera aux personnes présentes en Espagne depuis au moins cinq mois et
arrivées avant le 31 décembre 2025.
Les demandes pourront être déposées à compter du mois
d’avril et jusqu’au 30 juin. Le gouvernement présente ce dispositif comme une
réponse à des situations administratives déjà établies, visant à offrir un cadre
légal aux personnes concernées et à sécuriser leur accès aux droits sociaux et
professionnels.
L’exécutif souligne également la dimension économique
de la mesure. En facilitant l’accès au marché du travail pour des migrants déjà
actifs dans plusieurs secteurs, le gouvernement espère renforcer les
cotisations sociales, améliorer l’organisation de l’emploi et réduire le
recours au travail non déclaré.
Afin d’accélérer l’entrée en vigueur du dispositif, le
gouvernement prévoit d’adopter la mesure par décret royal. Ce mécanisme
constitutionnel permet l’adoption de textes réglementaires sans approbation
préalable du Parlement, dans un contexte politique marqué par l’absence de
majorité absolue.
Cette initiative s’inscrit dans le prolongement d’une
mobilisation de la société civile. Une initiative législative populaire en
faveur d’une régularisation exceptionnelle avait recueilli plus de 600 000
signatures et le soutien de près de 900 organisations.
Parallèlement, les statistiques du ministère de
l’Intérieur font état d’une diminution significative des arrivées irrégulières
en 2025. Environ 37 000 personnes seraient entrées de manière irrégulière sur
le territoire espagnol au cours de l’année, soit une baisse de plus de 40 % par
rapport à l’année précédente.
Dans un contexte migratoire européen en évolution, les autorités espagnoles cherchent ainsi à adapter leur cadre juridique et administratif aux réalités économiques et sociales du pays.