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| L’inflation accélère de nouveau aux États-Unis en avril |
L’inflation a poursuivi
sa hausse aux États-Unis en avril, atteignant son niveau le plus élevé depuis
près de trois ans, selon les données publiées mardi par les autorités
américaines. Cette progression s’explique principalement par l’augmentation des
prix des carburants et des produits alimentaires, dans un contexte marqué par
les tensions au Moyen-Orient et par une hausse persistante des coûts de
l’énergie.
L’indice des prix à la
consommation (CPI) a augmenté de 3,8 % sur un an en avril, contre 3,3 % en mars
et 2,4 % en février. Un tel niveau n’avait plus été observé depuis mai 2023.
Les prix des carburants
ont fortement contribué à cette accélération. Sur un an, les carburants ont
enregistré une hausse de 28,4 %. Les loyers, les billets d’avion et plusieurs
biens de consommation ont également connu des augmentations au cours des derniers
mois.
Après un ralentissement
temporaire en mars, les prix alimentaires sont repartis à la hausse en avril.
Les dépenses liées aux courses alimentaires ont progressé de 2,9 % sur un an et
de 0,7 % sur un mois. Selon Samuel Tombs, analyste chez Pantheon Macroeconomics,
cette évolution est liée en partie à l’augmentation des coûts de l’énergie, que
les producteurs répercutent progressivement sur les prix de vente.
Les produits à base de
viande bovine figurent parmi les catégories les plus touchées. En avril, le
prix du steak de bœuf a augmenté de 16,1 % sur un an, tandis que celui de la
viande hachée a progressé de 14,5 %.
Quelques secteurs ont
néanmoins enregistré des baisses de prix. Les véhicules d’occasion, par
exemple, ont vu leurs tarifs reculer de 2,7 % sur un an.
Cette hausse de
l’inflation intervient à plusieurs mois des élections de mi-mandat prévues en
novembre aux États-Unis. Durant la campagne présidentielle de 2024, Donald
Trump avait promis une baisse rapide des prix et une amélioration du pouvoir
d’achat des ménages américains.
Le président américain a
déclaré mardi que cette poussée inflationniste resterait temporaire. Selon lui,
la situation devrait s’améliorer après la fin du conflit avec l’Iran. Depuis
plusieurs semaines, l’administration américaine affirme que les perturbations
économiques liées au Moyen-Orient sont provisoires et les présente comme une
conséquence des mesures prises contre l’Iran.
L’opposition démocrate
attribue toutefois cette inflation à plusieurs décisions économiques et
diplomatiques de l’exécutif américain. La sénatrice Elizabeth Warren a
notamment évoqué l’impact des droits de douane imposés sur certaines
importations ainsi que les conséquences du conflit engagé contre l’Iran aux
côtés d’Israël depuis le 28 février.
Dans les
stations-service, les effets de la hausse des prix de l’énergie continuent de
se faire sentir. Le gallon d’essence ordinaire, soit environ 3,8 litres, coûte
actuellement en moyenne 4,50 dollars aux États-Unis, contre environ 3 dollars
avant le début du conflit au Moyen-Orient, selon les données de l’Association
automobile américaine (AAA).
Le diesel atteint quant à
lui 5,64 dollars le gallon, un niveau proche du record enregistré en juin 2022
après l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Cette hausse affecte notamment les
coûts du transport routier et du secteur agricole.
Selon Diane Swonk,
économiste chez KPMG, l’augmentation des prix des carburants s’ajoute à
d’autres tensions déjà présentes sur les marchés de l’énergie avant le conflit
avec l’Iran. Elle cite notamment la hausse de 6,1 % des prix de l’électricité,
liée à une demande accrue des centres de données informatiques aux États-Unis.
Les dernières données publiées montrent ainsi une inflation plus étendue à l’ensemble de l’économie américaine, dans un contexte de hausse persistante des coûts énergétiques et de ralentissement du pouvoir d’achat des ménages.
