![]() |
| Un premier cas d’Ebola confirmé en France chez un médecin revenant de RDC |
Les
autorités sanitaires françaises ont annoncé mercredi la confirmation du premier
cas de maladie à virus Ebola diagnostiqué sur le territoire français. Le
patient est un médecin revenu récemment de République démocratique du Congo
(RDC), pays confronté à une importante épidémie de cette fièvre hémorragique.
Selon le
ministère de la Santé, le professionnel de santé revenait d’une zone où le
virus circule activement. Dès son arrivée en France, il a été pris en charge
dans un établissement spécialisé et placé à l’isolement conformément aux
protocoles sanitaires en vigueur. Son état de santé est actuellement jugé
stable.
Il
s’agit de la première détection d’un cas d’Ebola réalisée sur le territoire
national. Les autorités n’ont pas communiqué le lieu exact où le patient a été
identifié, invoquant le respect du secret médical.
Face à
cette situation inédite, le gouvernement a indiqué suivre l’évolution du
dossier avec une attention particulière. Les autorités sanitaires soulignent
toutefois que le risque de transmission demeure faible grâce aux mesures de
précaution mises en œuvre dès le retour du patient.
La
République démocratique du Congo connaît actuellement une épidémie majeure
d’Ebola. D’après les données officielles les plus récentes, 1.048 cas ont été
recensés et 267 décès enregistrés. Le taux de létalité s’élève ainsi à environ
25 %. Plusieurs spécialistes estiment néanmoins que le nombre réel de
contaminations pourrait être plus élevé, en raison des difficultés de
surveillance dans certaines régions isolées.
L’épidémie
concerne également, dans une moindre mesure, l’Ouganda voisin. Elle est
provoquée par la souche Bundibugyo du virus Ebola, une variante rare contre
laquelle aucun vaccin ni traitement spécifique n’est actuellement disponible.
Avec
cette confirmation, la France devient le premier pays situé hors du continent
africain à enregistrer un cas avéré de cette épidémie sur son territoire. Des
signalements suspects avaient précédemment été rapportés dans d’autres pays,
notamment au Brésil et en Italie, mais ils n’avaient finalement pas été
confirmés.
Le
ministère de la Santé affirme que toutes les mesures de sécurité ont été
appliquées dès l’arrivée du patient afin de prévenir tout risque de
contamination. Une enquête sanitaire a également été ouverte pour identifier
les personnes ayant pu être en contact avec lui. Les éventuels cas contacts
devront respecter un isolement à domicile pendant 21 jours et feront l’objet
d’un suivi médical renforcé durant cette période.
Lors de
la grande épidémie qui avait touché l’Afrique de l’Ouest au milieu des années
2010, deux patients atteints d’Ebola avaient séjourné en France après avoir été
diagnostiqués à l’étranger. À la même époque, plusieurs cas avaient également
été recensés aux États-Unis et au Royaume-Uni chez des voyageurs revenant des
zones touchées. Ces situations n’avaient cependant pas entraîné de transmission
durable du virus dans ces pays.
Les
spécialistes de santé publique rappellent que le virus Ebola présente un niveau
de contagiosité relativement limité comparé à d’autres maladies infectieuses.
Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) considère
ainsi que le risque d’infection reste faible pour les résidents européens et
les voyageurs se rendant dans les zones affectées, et très faible pour
l’ensemble de la population européenne.
En
Afrique centrale, la situation demeure néanmoins préoccupante. Cette flambée
épidémique constitue la 17e épidémie d’Ebola enregistrée en République
démocratique du Congo. Les opérations de lutte sont compliquées par plusieurs
facteurs, notamment l’absence de vaccin, l’insécurité dans certaines régions en
conflit et les difficultés rencontrées lors de la détection initiale des
premiers cas.
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a classé cette épidémie comme une urgence de santé publique. À la mi-juin, l’organisation indiquait que la transmission du virus continuait de s’accélérer en RDC malgré le renforcement des dispositifs de surveillance, de prise en charge médicale et de prévention.
