Les tensions géopolitiques et les déséquilibres de marché orientent les matières premières en février

Les tensions géopolitiques et les déséquilibres de marché orientent les matières premières en février


Les marchés des matières premières ont évolué de manière contrastée en février. Les tensions internationales et la recherche de valeurs refuges ont soutenu les métaux précieux, l’énergie et certaines céréales. À l’inverse, les incertitudes entourant l’économie chinoise et la présence d’excédents sur plusieurs marchés agricoles ont pesé sur les métaux industriels et sur les matières premières dites « soft » comme le cacao, le café et le sucre. Le riz a, de son côté, suivi une trajectoire différente de celle des autres céréales.

Les métaux précieux ont enregistré une nette progression durant le mois. Les tensions entre les États-Unis et l’Iran, la décision de la Cour suprême américaine d’annuler les droits de douane instaurés par le président Donald Trump, ainsi que la baisse du rendement des obligations américaines à dix ans ont favorisé l’attrait pour ces actifs.

Dans ce contexte, l’or a progressé de 8,9 % pour atteindre 5.280 dollars l’once à la fin du mois de février. Le métal enregistre ainsi une septième hausse mensuelle consécutive, une évolution inédite depuis plus d’un demi-siècle.

Les investisseurs ont renforcé leurs positions sur cette valeur refuge dans un climat marqué par les tensions géopolitiques, l’évolution de la politique commerciale américaine et les interrogations persistantes concernant une possible surévaluation des valeurs technologiques et liées à l’intelligence artificielle. La reprise de l’activité en Chine après les congés du Nouvel An lunaire a également contribué à soutenir la demande.

Les résultats financiers du fabricant de semi-conducteurs Nvidia ont par ailleurs affaibli le dollar américain et favorisé la progression de l’or dans un environnement marqué par un regain d’appétit pour le risque.

L’argent a enregistré une hausse plus marquée encore, avec une progression de 12,6 %, soutenue par son statut de valeur refuge et par la baisse des stocks disponibles sur le marché à terme du COMEX.

Le platine a progressé de 8,5 %, porté par des contraintes d’approvisionnement et par son utilisation dans les technologies liées à l’hydrogène, ainsi que par une demande accrue dans les secteurs de la joaillerie et de l’industrie. Le palladium a également avancé, avec une hausse de 4,2 %.

Les métaux de base ont évolué de manière plus mitigée, notamment en raison de volumes d’échanges réduits durant les célébrations du Nouvel An chinois. Le cuivre a progressé de 1,1 %, soutenu par la demande structurelle liée aux énergies renouvelables et aux centres de données, ainsi que par la décision de l’Indonésie de réduire les quotas de production de sa plus grande mine.

Le nickel a enregistré une légère hausse de 0,8 %, tandis que le plomb et le zinc ont reculé respectivement de 1,8 % et 2,2 %. Le prix de l’aluminium est resté globalement stable.

Sur le marché de l’énergie, le pétrole Brent a progressé de 4,8 % en février. Cette hausse s’explique par les risques géopolitiques liés aux tensions entre les États-Unis et l’Iran, par la poursuite de la guerre entre la Russie et l’Ukraine et par des niveaux de stocks inférieurs aux attentes dans les pays de l’OCDE. À l’inverse, le gaz naturel a fortement reculé sur le New York Mercantile Exchange, avec une chute de 22,4 %, les marchés anticipant une demande hivernale plus faible.

Les céréales ont dans l’ensemble progressé, sous l’effet de conditions météorologiques défavorables dans certaines régions et d’exportations soutenues.

Le soja a gagné 10 %. La hausse des prix du pétrole brut a stimulé la demande d’huile de soja utilisée dans la production de biocarburants. Parallèlement, l’Agence américaine de protection de l’environnement devrait soumettre à la Maison-Blanche une proposition visant à fixer de nouveaux objectifs d’incorporation de biocarburants.

Le blé a progressé de 9,9 %, en raison des températures particulièrement basses observées aux États-Unis, qui font peser des risques sur la production, ainsi que d’exportations supérieures aux prévisions.

Le maïs a augmenté de 4,7 %, soutenu par la vigueur des exportations américaines et par les anticipations d’une réduction des surfaces semées au printemps. Des prévisions de récolte en baisse en Afrique du Sud pour 2026 ont également contribué à cette progression.

Le riz a, en revanche, reculé de 5,8 %, après la révision à la hausse des estimations de production mondiale.

Les matières premières dites « soft » ont enregistré les reculs les plus marqués du mois, en raison d’une offre excédentaire sur plusieurs marchés.

Le cacao a chuté de 30,7 % par tonne et le café a perdu 15,5 % par livre. Les perspectives d’une récolte record attendue au Brésil ont apaisé les craintes précédentes concernant l’offre mondiale.

Le sucre a reculé de 2,2 %, à 1,334 dollar la livre, son niveau le plus bas depuis octobre 2020. Cette baisse s’explique par une demande plus faible et par l’augmentation des stocks chez certains grands producteurs, notamment en Côte d’Ivoire et au Ghana.

Le coton a évolué à contre-courant des autres matières premières « soft ». La fibre textile a enregistré une progression de 3,5 % au cours du mois.

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